Extrait du Rapport de la mission parlementaire sur la santé des étudiants
http://www.usem.fr/contenu_PDF/rapport-sante-etudiants.pdfDeux problématiques méritent une attention particulière, le nombre des interruptions de grossesses et celui des maladies sexuellement transmissibles.
a) Un nombre préoccupant d’interruptions de grossesse
5 % des étudiantes déclarent avoir eu recours à une interruption volontaire de grossesse, ce taux étant plus élevé que celui que l’on retrouve dans la population générale. En effet, selon une étude réalisée par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) (1) du ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement , 2,29 % des femmes de 18-19 ans et 2,72 % des 20-24 ans ont subi une IVG en 2004.
Ce chiffre est d’autant plus inquiétant que la proportion des IVG répétées deux fois est de 25 % chez les étudiantes, ce qui doit conduire à s’interroger sur l’efficacité et la pertinence de leur information.
Le problème particulier des jeunes filles issues de l’immigration doit être souligné. Leur arrivée à l’université est l’occasion de poursuivre une intégration en bonne voie de réussite. Toutefois, l’accueil de ces étudiantes doit tenir compte de la spécificité de leurs situation : plus encore que pour d’autres, l’accès aux études supérieures est une rupture par rapport à un contexte familial qui ne les a pas toujours préparées à toutes les sollicitations qui caractérisent la vie universitaire et la vie d’adulte tout court, surtout lorsque ces sollicitations sont d’ordre sexuel. Pour ne parler que des jeunes filles de religion ou d’origine musulmane, la qualité de la prise en charge est particulièrement importante et délicate car elles sont souvent fragilisées par une éducation où leur statut de femme a pu les a mettre en situation de dépendance et parfois d’ignorance concernant la sexualité, et plus généralement le rapport adulte aux hommes.
Les services de médecine de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et de Nanterre ont indiqué à la mission qu’ils sont souvent le seul endroit où ces jeunes filles peuvent aborder certains aspects de leur vie privée comme la contraception, qui entrent en conflit avec les valeurs familiales et religieuses qui leur sont inculquées et qui sont largement taboues. Les services ont ainsi eu à traiter en urgence des grossesses non désirées et ignorées des familles. Protégées par le secret médical, ces jeunes filles viennent aussi demander des moyens de contraception pour éviter qu’ils ne figurent sur les décomptes de sécurité sociale.
(1) « Les interruptions volontaires de grossesse en 2004 » in « Etudes et résultats » – n°522, septembre 2006.